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Cépages tolérants en 2020, une année riche d’informations

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Après une campagne très difficile sur le plan sanitaire, une question légitime retentit à nos oreilles : comment ont pu se comporter les cépages tolérants dans le contexte très particulier de 2020 ? Sur notre département nous avons la possibilité de suivre certains cépages depuis quelques années déjà, d’autres sont plus récents. Une occasion de faire un point sur leurs présences, leurs comportements, les espoirs ou les doutes qu’ils peuvent générer.

2020, une campagne phytosanitaire rude tous cépages confondus

Dès la mi-avril les premiers symptômes d’oïdium sur feuilles ont été visibles, les drapeaux sont observés la semaine suivante et les symptômes deviennent réguliers à compter de la fin avril. Feuilles, inflorescences et grappes sont touchées.
En cette fin du mois d’avril le mildiou apparait et se maintiendra sur toute la saison. Les pluies régulières ainsi que les humidités matinales permettront un développement régulier. Le feuillage, les grappes seront atteints avec des dégâts pouvant engendrer des pertes de récoltes dès la fin mai. Cette situation demeurera jusqu’à début août.
Les conditions climatiques étant favorables, du botrytis sur feuilles et grappes est observé fin avril tout comme les premiers symptômes sur feuilles de black rot. Ce dernier attaquera les grappes un peu plus tard dans la saison.
L’année 2020 est également marquée par des générations d’eudémis aux intensités grandissantes entre la première et la troisième génération. A cela s’ajoute une forte présence de cryptoblabes gnidiella. La présence de ces deux ravageurs aura pour conséquences de fragiliser certaines vendanges entrainant des développements de pourritures grise et/ou acide avec ou non présence d’aspergillus carbonarius (OTA).

Les cépages tolérants plantables en Roussillon

17 nouveaux cépages tolérants sont actuellement autorisés à la plantation en dehors des cépages hybrides autorisés, comme le Villard noir ou le Chambourcin, qui n’ont pas quitté le catalogue des cépages autorisés en France. 9 cépages sont d’origine allemande, 3 sont suisses, 1 italien et 4 français (cf tableau 1). Sur ces 17 cépages nous avons eu l’opportunité de suivre le Cabernet Cortis, le Muscaris, le Souvignier gris et le Solaris sur une ou plusieurs parcelles et ce depuis 2016 pour les parcelles les plus anciennes. Mis à part le Pinotin, le Cabernet blanc et le Sauvignac, les autres cépages sont présents sur des collections privées ou sur le domaine de la station viti vinicole de Tresserre.

Tableau 1 : nouveaux cépages tolérants autorisés en France (octobre 2020)

Les quatre cépages les mieux connus en Roussillon

Les commentaires ci-après sont issus de parcelles pas ou peu traitées (0 à 2 traitements fongicides en 2020). Les parcelles faisant l’objet d’une couverture phytosanitaire plus importante ne sont pas prises en compte ici.

Le Muscaris

Ce cépage blanc est issu d’un croisement avec du Muscat à petits grains. On perçoit assez vite sa potentielle faiblesse vis-à-vis de l’oïdium. Et elle se révèle bien réelle même si sur certaines parcelles elle peut être moindre. Les dégâts peuvent atteindre les grappes et engendrer des pertes si non traitement. Les premiers symptômes sur feuilles sont apparus dès la mi-avril (stade bfa) ou fin avril (stade bfs). Les dégâts sur grappes ont été observés dès le début nouaison.  Par contre vis-à-vis du mildiou, même si l’on constate des taches sur feuilles dès la fin mai, les dégâts ne semblent pas passer sur grappes. Il ne parait pas très sensible au Black rot tant sur feuilles que sur grappes même si on peut noter quelques attaques éparses.

 

Le Solaris

Ce cépage blanc est essentiellement caractérisé par une précocité très nette. Comme on peut le voir dans le tableau 2, il se récolte dans notre département entre la fin juillet et le tout début août. Cette année nous aurions dû le récolter entre le 16 et le 20 juillet sur nos différentes parcelles. Cette précocité peut être un frein pour son développement dans notre département. Si l’on ne constate pas de gros dégâts sur grappes (entrainant des pertes de récolte) avec la forte pression mildiou de cette année, nous pouvons néanmoins voir quelques taches sur feuilles sans conséquence sur le bon déroulement de la maturation ni des mises en réserve. Côté oïdium, la sensibilité est plus marquée. On voit des taches sur feuilles (assez) régulièrement. Elles sont apparues dès le mois d’avril. Les grappes peuvent également être atteintes (les symptômes ont été visibles essentiellement à compter de juin voire juillet) notamment sur des parcelles où la pression est élevée (cépage voisin très sensible…). Une couverture phytosanitaire minimale parait donc souhaitable. Vis-à-vis du Black rot, cette année nous avons pu noter des symptômes sur feuilles mais également sur grappes, sans que ceux-ci entrainent une réelle perte de récolte.

Le Souvignier gris

C’est le cépage que l’on retrouve le plus sur notre département, dans des situations différentes de terroirs (AOP non irrigué ou terroir IGP irrigué), de conduites (cordon de Royat double, taille mécanisée, taille longue). Dans le contexte difficile de 2020 on a pu observer des taches sur feuilles d’oïdium, mildiou et Black rot sans conséquence aucune sur les équilibres charge/feuillage. Sur grappes pas de mildiou et très peu d’oïdium essentiellement sur des parcelles où la pression parcellaire voisine est forte. On note des symptômes sur grappes de Black rot visibles, l’ensemble des parcelles n’entrainant pas de pertes de récoltes. Des trois cépages blancs les plus suivis, il apparait comme le plus tolérant à l’oïdium, le mildiou et le Black rot.

Le Cabernet Cortis

En 2020 ce cépage rouge s’est bien comporté. Pas, voire quasiment pas de taches de mildiou sur feuilles et pas de dégâts sur grappes relevés. Côté oïdium, même si l’on observe des taches régulières sur feuilles, la pression sur grappes a été très faible avec une seule intervention vers la fin mai. Nous avions pu constater lors des campagnes précédentes une montée progressive de la présence d’oïdium, notamment sur grappes sur cette parcelle sans traitement. Les conséquences étaient sur la qualité mais également sur la quantité de récolte. Mais avec une unique intervention en 2020, l’oïdium parait bien maitrisé. Nous avons pu noter des taches de Black rot sur feuilles et quelques symptômes sur grappes à partir de fin juin. Aucune répercussion sur la récolte ou le feuillage.

Tableau 2 : données viticoles et oenologiques

 

Les autres cépages

Les informations sur les autres cépages sont essentiellement issues de la parcelle de collection plantée en 2018 sur le domaine de la station viti vinicole à Tresserre. Il s’agit donc de notations sur une jeune vigne en cours de formation. Cette parcelle n’a reçu aucun traitement fongicide depuis sa plantation. Cette collection compte également d’autres cépages non encore autorisés en France. Elle devrait être complétée avec les deux cépages Cabernet blanc et Pinotin dès que nous aurons des plants.

Tableau 3 : des relevés d’observations sur les cépages de la collection

F = Feuille           G = Grappe

Et ailleurs, en Languedoc Roussillon

Dans les semaines à venir nous allons mutualiser nos observations, comme nous le faisons déjà depuis plusieurs saisons au niveau de la région Languedoc Roussillon. Nous allons compiler et échanger sur nos suivis au niveau régional. Cela nous permettra de confirmer et d’affiner les comportements de ces cépages qui demeurent encore peu connus sur le moyen et long terme.

Jusqu’à présent les constats réalisés sur le département ont été confirmés sur d’autres parcelles du réseau régional, d’autant que nous disposons de parcelles pas ou très peu traitées avec des fongicides.

2020 a été une année particulière et plus encore pour notre département avec une forte à très forte pression sanitaire. Elle a néanmoins permis de confronter les cépages tolérants à des conditions difficiles. Même si nous n’avons pas encore les données régionales, les observations départementales apportent d’ores et déjà quelques informations importantes. Et permettent d’orienter le choix que l’on peut avoir à faire si l’on envisage de planter un de ces cépages tolérants. Mais le choix s’opère également sur les vins produits par ces cépages. C’est pourquoi une réunion-dégustation était prévue en août dernier mais les obligations sanitaires ne nous ont pas permis de la maintenir. Ce type de  rendez-vous reste cependant incontournable pour découvrir ou redécouvrir ces cépages au travers des vins qu’ils peuvent donner et pouvoir échanger sur leurs comportements viticoles. Donc, dès que la situation sanitaire sera plus favorable nous vous communiquerons date et lieu de cette manifestation.


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