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EXPE-ECOPHYTO capred

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Le plan ECOPHYTO qui vise à une réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse est décliné en plusieurs axes dont un axe expérimentation. Cet axe se concrétise par l’accompagnement de projets d’expérimentation menés par l’INRA, les instituts techniques, les stations régionales d’expérimentation baptisés expé-ecophyto.

Ces essais « système » conduits sur 6 ans visent à expérimenter des systèmes de cultures innovants et en rupture permettant de réduire de 50 % l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse  toujours dans le cadre de la triple performance (économique, environnementale et sociétale).
Cet article présente les résultats de l’essai conduit en 2019 à la Sica Centrex de Torreilles, baptisé CAPRED (pour Cerise Abricot Prune) et fait suite à ceux présentés les années passées.

Le dispositif actuel planté en 2013 est composé de 4 modalités qui ont évolué :

• PFI : Protection phytosanitaire proche de celle d’un arboriculteur en production raisonnée.

• 0 RES : Objectif 0 résidus de pesticides dans les fruits.

• ECO : Utilisation autant que possible de méthodes alternatives (soufre/oïdium). Cette modalité en 2019 a évolué vers une modalité avec l’utilisation uniquement de produits de biocontrôle.

• ECO + : Comme pour la modalité ECO, mais en utilisant des produits de protection phytosanitaire utilisables en AB.

Analyse des IFT, Indice de Fréquence de Traitement

On observe une différence entre les modalités au niveau des IFT totaux qui varient entre 16 pour les modalités PFI, 14 pour la modalité 0résidus et 12.7 pour les modalités ECO et ECO+. Par contre si on se réfère aux IFT chimiques on a une valeur de 12 pour la modalité PFI contre 8 en 0 résidus et 2 et 0.3 pour la modalité ECO et ECO+. Ce sont les choix en termes d’impasses et surtout de substitution entre produits de synthèse et produits de biocontrôle qui expliquent ces écarts.

Concernant les analyses de résidus réalisées à la récolte, pour la modalité PFI, 3 matières actives très en dessous des LMR sont retrouvées et correspondent aux deux dernières interventions réalisées pour la conservation à R-25j (Signum) et à R- 6j (Kruga). Les applications à - de 30 jours de la récolte n’ont pas été détectées pour les modalités 0 Résidus, ECO et ECO +.

Analyse du taux de déchets en % à la récolte par modalité

Sur le taux de déchets à la récolte, on note que l’on obtient plus de dégâts sur les deux modalités sans traitements de synthèse, ECO et ECO+ avec 7.13% et 13.35% de déchets contre 4.43% et 2.26% pour les modalités PFI et 0RES.

A l’intérieur de ces déchets on notera que l’on retrouve très peu de déchets liés aux forficules sur la modalité 0RES par rapport aux autres. Cela est lié au fait que la glue RAMPASTOP a apporté une certaine efficacité contre les forficules. La modalité PFI avec un traitement insecticide 7 jours avant récolte et les modalités ECO et ECO+ avec l’application d’une autre glue « homologuée AB » ne sont pas concluantes. On peut dire qu’il est important de bien choisir le type de glue appliqué au tronc et une application de glue efficace fonctionne mieux qu’un traitement réalisé avant récolte.

Analyse de la conservation des abricots par modalité

Au niveau de la conservation, nous avons appliqué le protocole suivant : après récolte, calibrage et conditionnement 30 fruits mis en plateaux alvéolés, passage en chambre froide pendant 48 h, puis en chambre climatisée à 23°C. Observation des fruits tous les 2 jours.

Les données du graphique représentent la moyenne des résultats obtenus pour les 2 premiers passages de récolte.
Les différentes stratégies fongicides ont généré de légères différences au niveau de la conservation post récolte mais qui ne sont pas différentes statistiquement.
La modalité PFI a reçu 3 fongicides avant récolte, la modalité 0 Résidus n’a pas été traitée contre les monilioses à l’approche de la récolte et les modalités ECO et ECO+ ont reçu du soufre avec un dernier traitement 30 jours avant récolte.

On observe que la modalité ECO+ décroche un peu plus vite que les autres avec le premier fruit pourri à 5 j avant récolte. Cela s’explique par le fait que les arbres d’ECO+ étant moins vigoureux, les fruits avaient une maturité plus avancée à la récolte. Pour les autres modalités, il faudra attendre 9j après récolte pour l’apparition du premier fruit pourri et cela reste acceptable dans les conditions de commercialisation à cette période.

Ces observations confirment que la variété Royal Roussillon a une tenue correcte en post récolte. Il est possible, si les conditions climatiques s’y prêtent, de diminuer les traitements chimiques de conservation et donc de baisser les IFT. D’autre part des interventions de biocontrôle à l’approche de la récolte peuvent être à tester dans des conditions climatiques humides.

Ces résultats sont à confirmer sur plusieurs années, dans des conditions climatiques différentes, et sur des charges plus élevées.