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Gel 2018 en arboriculture

Semaine 9, et notamment dans la nuit du 27 au 28 Février, une vague de froid baptisée par Météo France Moscou-Paris s’est abattue sur la France. Le département des Pyrénées-Orientales n’a pas été épargné avec des températures négatives enregistrées sur toute la plaine du Roussillon.

Une des particularités de ce gel de la nuit du 27 au 28 Février c’est son homogénéité au niveau des températures et l’absence du gradient habituel qui voit les températures baisser plus on s’éloigne de la mer. Pour preuve, à TORREILLES, on a même enregistré -8°C, sans doute une de températures les plus basses de la plaine.
Dès les jours suivants, on a observé des dégâts sur l’ensemble de la zone fruitière avec des fleurs gelées sur les espèces fleuries à cette date : pêche, abricot, amande.
Sur toutes ces espèces, l’intensité des dégâts est globalement proportionnelle au stade de la végétation. Les variétés à floraison très précoces, qui étaient en pleine floraison à cette date, sont très fortement touchées, les variétés précoces ont des dégâts plus ou moins importants et les variétés à floraison moyenne ou tardive ne semblent pas présenter de dégâts à ce jour.

- En abricot, les variétés les plus touchées sont Colorado, Wonder Cot, Magic Cot, Samouraï, … et, dans une moindre mesure, en fonction des vergers, Solédane.
Pour cette espèce, dates de floraison et dates de maturité sont très souvent corrélées. La perte sur ces variétés va donc se faire sentir en début de saison avec un très fort déficit d’offre jusqu’à début Juin, voire mi Juin en fonction de la précocité de l’année.

- Par contre, en pêche-nectarine, la corrélation entre date de floraison et date de maturité est moins évidente. Même si une majorité des variétés touchées sont des variétés précoces comme Patty, Garaco, Garofa, on a aussi des variétés de saison parfois fortement touchées comme Magique, Summer Sweet ou Orine, et même des tardives comme Western Red.
Cette liste n’est pas exhaustive, elle peut même connaitre des exceptions sur telle ou telle parcelle plus à l’abri ou plus en retard. En pêche, même si le déficit sera concentré sur le créneau précoce, l’entrée en production ne sera pas ou peu décalée puisque des variétés comme Coraline, Onyx ou Big Bang ne semblent pas touchées.

Difficile de faire un chiffrage des pertes à ce jour aussi bien en pêche qu’en abricot. La diffusion des prévisions de récolte au Medfel, les 25 et 26 Avril prochain, sera l’occasion de faire un point sur la situation en France et dans les autres pays européens.

Démarche pour un classement en calamités agricoles :
Comme à chaque évènement de ce type, des tournées de terrain sur les filières arboriculture et maraichage. Ces tournées n’ont pas pour but d’être complètes et exhaustives mais permettent simplement de faire le lien entre un phénomène météo qui vient d’arriver et des dégâts observés sur le terrain.

Deux tournées ont été organisées :
-  l’une, le 12 Mars, sur la zone littorale, des Albères jusqu’à la Salanque et au Rivesaltais.
 - l’autre, le 13 Mars sur la vallée de la Têt et le secteur de Thuir.

L’ Administration a pu constater sur le terrain le type de dégâts sur des cultures fruitières (pêche, abricot, amande) et maraichères (artichaut, fraise). La DDTM va demander à Météo France un rapport sur les températures enregistrées. Puis, elle va attendre la fin des récoltes, c’est-à-dire Juin pour l’artichaut et Septembre pour les autres espèces, pour solliciter auprès des OP et de certains producteurs, des données pour vérifier si la perte est « suffisante » pour rentrer dans les barèmes des calamités et, si c’est le cas, un dossier de demande de classement en calamités agricoles pourra être déposé auprès de la « Commission Nationale des Calamités » (CNCGRA).