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PECHER : Bilan phytosanitaire 2018 Roussillon

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La campagne phytosanitaire 2018 pêche-nectarine a été relativement calme en Roussillon. Malgré un printemps particulièrement humide, la plupart des bioaggresseurs ont été globalement maitrisés en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique. Cette année c’est la climatologie qui a surtout causé des problèmes avec le gel sur fleurs fin Fevrier et les pluies incessantes au mois de Mai et début Juin.

Saison végétative et production

Les besoins en froid sont satisfaits précocement, mi à fin janvier selon les variétés.

Les variétés à débourrement précoce connaissent une phénologie très anticipée : début de stade pointe verte mi-janvier, début de floraison mi-février, évolution des stades ralentie ensuite à cause du froid, les derniers pétales tombant fin mars. Les autres variétés débourrent plutôt fin février, pour fleurir mi-mars de façon groupée jusqu’ à fin mars. Les maturités sont normales, elles s’étalent de début juin à fin août.

L’épisode de gel fin février impacte les variétés précoces mais aussi d’autres créneaux, dont la production est fortement diminuée.
Des épisodes de grêle aggravent localement la situation.
La production globale est en diminution et de bonne qualité.

Bilan phytosanitaire : maladies et ravageurs

La durée d’exposition au risque cloque est exceptionnelle de mi-février à mi-avril, à cause d’un débourrement très précoce. Cependant les températures globalement basses en février et mars limitent les contaminations, et ce malgré un climat très humide.

Des symptômes sont toutefois observés fin mars sur quelques parcelles. Les symptômes et repiquages persistent courant avril.
La pression globale est basse et la stratégie préventive préconisée permet de contrôler la maladie.

La pression oïdium est faible cette année. Le risque démarre mi-avril pour les variétés précoces et se poursuit jusqu’à mi-mai. Quelques symptômes sur nectarines sont observés fin mai.

La pression rouille est également faible. Quelques symptômes sont détectés sur feuilles, également sur fruit, en juillet. L’automne précédent particulièrement sec pourrait expliquer le faible niveau de pression.
De plus, les vergers concernés par des attaques en 2016 et 2017 ont été protégés. La stratégie donne de bons résultats.

Les vergers à historique Fusicoccum présentent quelques symptômes courant avril mais la pression demeure faible. La prophylaxie consistant en la suppression de rameaux atteints est indispensable, en complément de la stratégie de lutte.

Les conditions climatiques estivales, comptant peu de pluies et de matinées avec rosée, sont peu favorables aux maladies de conservation.
La pression est faible à moyenne selon les périodes, mais elle est plus importante dans les parcelles en sous-charge et/ou grêlées. Dans ces situations, des dégâts sont observés début juillet puis courant août.

La bactériose à Xanthomonas s’exprime par des symptômes précoces sur feuilles début mai et parfois sur fruits à partir de fin juin dans les vergers à historique. Les dommages sont acceptables dans la plupart des cas car ils sont stabilisés. Il n’y a pas de perte de récolte significative.

La pression des thrips est moyenne à forte cette année, en particulier du Thrips meridionalis de mi-mars à mi-avril. Le thrips californien cause quelques dégâts sur variétés sensibles début juillet. Les stratégies de lutte mise en œuvre contre les thrips sont pour le moment efficaces.


L’année est favorable au puceron vert.
Les fondatrices observées dès fin mars entraînent des remontées de populations à partir de mi-avril puis des foyers se développent jusqu’à mi à fin mai. Fin mai, les foyers sont généralement maîtrisés. Les interventions préventives avant fleur et après fleur restent indispensables. La maîtrise est plus difficile dans les vergers présentant des populations multi-résistantes.

On note une présence sporadique de puceron brun géant du pêcherPterochloroides persicae depuis 2014. Bien que les infestations soient impressionnantes (gros insecte, foyers couvrant les branches et charpentières), peu de dégâts sont rapportés. Une protection peut être facilement mise en œuvre.

La pression de la tordeuse orientale est très variable d’un verger à l’autre. Elle est moyenne, à très forte dans certaines parcelles. La première génération est normale : le vol court de fin mars à fin avril et les éclosions du 20 avril au 10 mai environ. Le vol de deuxième génération débute fin mai, et les éclosions mi-juin. Ensuite les captures sont rares, il est très difficile de déterminer la structure des vols. Dans les situations de forte pression, on observe peu des dégâts sur pousses, puis surtout des fruits piqués de mi-juillet à mi-août.
La confusion sexuelle demeure le moyen de lutte à privilégier. Son efficacité est conditionnée par une pose précoce des diffuseurs et une surveillance régulière des vergers. Elle nécessite souvent d’être complétée par quelques interventions chimiques.

Des adultes de cicadelle verte sont observés dès début juin ; les piqûres, surtout préjudiciables sur jeunes vergers, entraînent des enroulements et crispations de feuilles à partir de début juillet. Ces dégâts s’observent en s’amplifiant jusqu’à fin août sur de très nombreux vergers. Les insectes persistent dans le feuillage jusqu’à l’automne. La pression est très forte. La stratégie de lutte est limitée.

La pression forficule est forte cette année, notamment de fin juin à mi-juillet. La meilleure stratégie se base sur une barrière physique à base de glu positionnée sur les troncs début avril.

La pression des cochenilles lécanine est stable. Celle du Pou de San José est en recrudescence. La cochenille blanche du mûrier est détectée sur quelques vergers. Les parcelles attaquées sont à surveiller attentivement. La stratégie de lutte à mettre en œuvre est simple et donne généralement de bons résultats.

La mouche méditerranéenne n’est pas détectée avant septembre : aucun dégât n’est rapporté.

Les attaques de Drosophila suzukii sont parfois rapportées dans certains vergers, mais restent rares comparées à la situation sur cerisier.

Ce bulletin technique s'appuie sur l'analyse de risques du BSV consultable sur les sites internet de :
• la DRAAF Midi-Pyrénées : draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr
• la CRA Occitanie :