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Records de douceur pour les fêtes : quels impacts sur les fruits et légumes ?

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Les températures exceptionnelles de ces fêtes de fin d’année avec des maximales au-dessus des 20 degrés font, comme souvent, naître l’inquiétude des arboriculteurs.

Mais aussi, et c’est curieux, ce sujet intéresse de « simples » citoyens sans doute amateurs de météo et de son impact sur dame nature… d’où des sollicitations de journalistes peut-être lassés de parler de pandémie ou d’élections présidentielles…

C’est vrai que les températures atypiques en hiver peuvent avoir un impact sur les productions du département en place à cette époque de l’année.

En maraichage,

Un hiver doux perturbe le calendrier de production des salades, raccourcissant les cycles de production, avançant les récoltes, accélérant la physiologie des plantes (montée à fleur) d’où des planifications de production bouleversées et notamment en 4ème gamme avec des contrats difficiles à tenir pour approvisionner les usines. La qualité des salades peut aussi être pénalisée avec des salades moins compactes, moins pommées, moins lourdes et plus fragiles aux maladies et aux ravageurs. En artichaut, on peut avoir un développement des plantes plus rapide que la normale et des premières productions précoces dès la fin Février ce qui peut être un plus sur le marché mais un risque accru de gel sur des périodes à risque.


Avec des températures hivernales douces, les insectes ravageurs, bien que moins nombreux, restent présents dans les cultures maraîchères de plein champ et sous serres non chauffées. L’absence de gelées significatives ne permet pas d’éradiquer naturellement ces mêmes insectes en hiver. De fait, leurs attaques seront plus précoces en début de printemps. On remarque aussi, cette année, par effet de condensation (humidité, température douce et absence de Tramontane), d’importants et longs brouillards favorables au développement de pourritures cryptogamiques comme, par exemple, le botrytis ou le mildiou en salade et artichaut ou encore la septoriose en céleri branche.


En arboriculture,

Les espèces cultivées dans le département (pêche, abricot, cerise, ….) sont des espèces de climats tempérés qui ont un cycle végétatif caractérisé par une période de dormance hivernale. Si cette dormance n’est pas « complète », si l’automne et l’hiver sont trop doux on observe des dérèglements physiologiques, des nécroses de bourgeons floraux, des floraisons hétérogènes, des fleurs souvent imparfaites (absence de pistil ou pistil court…).
Chaque espèce fruitière et dans chaque espèce, chaque variété a des besoins en froid différents ce qui font qu’elle sera adaptée à telle zone géographique ou à telle autre.
Pour mesurer la satisfaction des besoins en froid des espèces fruitières on utilise la méthode Weinberger qui somme sur une période donnée les heures au cours desquelles la température a été inférieure à 7.2°C (45 ° F).


En général, on utilise la période du 1er Octobre au 1er Mars et on obtient ainsi la somme des heures avec une température inférieure à 7.2 °C. On détermine ainsi les besoins en froid des différentes espèces qui varient en fonction des variétés entre 350 et 900 heures pour un pêcher, 100 à 400 h pour un amandier et 900 à 1200 heures pour un cerisier.
Même si elle est largement utilisée, la méthode Weinberger est simple est sans doute simpliste. Elle ne fait pas de différence entre une heure à + 6°C et une heure à – 3°C, une heure à + 8°C et une heure à + 20°C et une heure de froid en Novembre ou en fin février et on peut penser qu’au niveau du végétal ces variations ont un effet significatif.
Cette méthode permet néanmoins de caractériser des zones géographiques et elle permet de prendre en compte l’évolution du climat.


Si on compare les 3 principales zones géographiques de production de fruits à noyaux en France que sont la moyenne vallée du Rhône, la zone de Nimes et le Roussillon il est clair qu’il y a un gradient avec en vallée du Rhône des sommes de froid qui se situent actuellement souvent autour de 800 heures à Valence, 5 à 600 heures à Nimes et 300 à 400 heures en Roussillon. Et les modèles de Météo France sur le changement climatique montrent une baisse significative de ces chiffres à horizon 2050 et 2100.
Il faudra donc que les arboriculteurs s’adaptent en choisissant de nouvelles variétés de fruits à noyaux cultivées actuellement dans le Sud de L’Espagne ou le Sud de l’Italie ou doivent carrément changer d’espèces comme les amandes ou les agrumes…


Mais quelle est la situation cette année ?
Même s’il est vrai que les fêtes de fin d’année ont été particulièrement douces, la situation n’est pas si mauvaise que ça en Roussillon. Au 2 Janvier, on compte 325 h de froid enregistrées à la station météo de l’INRA d’Alénya (courbe en noir sur graphique ci-dessous). L’an dernier, à cette date, on était à 398 h mais en 2019-2020 on était à 282 h et en 2018-2019 à 201 h (hiver le plus doux de ces 10 dernières années).

La météo de Janvier et de Février vont pouvoir faire évoluer la situation dans un sens comme dans l’autre mais à ce stade nous sommes plutôt dans une moyenne acceptable.

 

 

 

 

 


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