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Maladies du bois : Black Dead Arm, Esca, Eutypiose. Quoi faire aujourd'hui ?

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Depuis la disparition, des seuls moyens de lutte chimique (arsénite de sodium) sur BDA et Esca, (fluzilazole+carbendazime) sur Eutypiose pour des raisons indéniables de toxicité, le vignoble français et mondial connait une forte mortalité.

 

 

Les recommandations techniques actuelles, et utilisables, devraient permettre de limiter l’étendu de cette mortalité des souches et donc de continuer de vivre avec. Bien diagnostiquer les différentes maladies dans ses parcelles peut éviter d’aggraver certaines situations.

Chaque dépérissement exprime sur les ceps atteints, des symptômes spécifiques qui doivent alerter et éviter de confondre ces différentes maladies. Il est de plus, très courant, de les croiser dans la même vigne.

Symptomatologies

L’Esca peut être visible dès le début de l’été (mi-juin) à partir des feuilles de la base du rameau. Nécroses bordées d’un liseré jaune. Dans les bois une zone formant un amadou clair et tendre.

Esca

 

Le Black Dead Arm (botryosphaeriose) peut être observé à partir de la floraison (fin mai). La défoliation des rameaux par les extrémités avec un dessèchement des inflorescences ou des grappes. L’autre forme lente, à partir de la base des rameaux, avec des nécroses ne laissant qu’une bande verte le long des nervures principales de la feuille.
Dans le vieux bois des chancres, sous forme de bandes grisées sous les écorces, à partir du rameau atteint et pouvant descendre jusqu’au point de greffe, confirment le diagnostic.

Black Dead Arm

 

L’Eutypiose : les symptômes apparaissent dès le début de végétation au printemps. Les rameaux présentent des entre-nœuds courts, rabougris, les feuilles ont un aspect chlorotique, crispé. Il y a des coursons, des bras morts, ou l’ensemble de la souche.

Eutypiose

 

Avec quels accompagnements culturaux pouvons-nous limiter l’expansion des maladies du bois ?

4 axes d’interventions peuvent être mis en œuvre pour essayer de rattraper certaines situations dans les parcelles à fort intérêt de production.

Axe 1. La restauration des ceps malades avec 3 techniques différentes.


Le recépage :il faut couper le tronc assez bas en dessous des nécroses identifiées en hiver. La plaie provoquée sera protégée avec un mastic pour limiter les contaminations par les spores d’Eutypa lata (Eutypiose). Il faut prévoir la mise en place d’un tuteur pour accompagner la croissance des gourmands au printemps. L’opération peut être effectuée au printemps sur les cépages qui rejettent des pampres, après sélection et protection d’une ou deux repousses afin de reformer un tronc.


Le curetage : cette technique anciennement connue et relancée par la SICAVAC, nécessite un tour de main de l’opérateur. En effet à l’aide d’une tronçonneuse, il faut ouvrir le pied malade jusqu’à l’amadou (tissus du bois altérés par les champignons) mis en évidence qui s’est développé, afin de l’éliminer par raclage. La plaie provoquée reste ouverte. Le recul sur la viabilité de la souche ainsi traitée et l’efficacité de la méthode sur la pérennité du cep reste à vérifier.


Le regreffage : fait appel aux notions de greffage en place. Il ne peut être réalisé que si les nécroses visibles de la maladie ne se sont pas développées au-delà du point de soudure dans le porte-greffe. Cette technique est à réservée aux vignes relativement jeunes (- de 25 ans). L’opérateur doit être suffisamment formé pour cette technique de greffage. Le taux de reprise peut être décevant, mais permet de retrouver le potentiel de production en deux ans.

Axe 2. La complantation ou le renouvellement des pieds malades ou morts.

La replantation avec des greffés-soudés ne donne pas, quelquefois les résultats espérés. La mortalité constatée des jeunes plants liées à la concurrence des autres souches qui occupent l’espace racinaire développée dans le sol, ombres portées et maladies plus présentes car moins bien traités au ras du sol.

Les remplacements peuvent se réaliser à partir de porte-greffes, implantés l’année (n) et greffés l’année (n+1), sur le principe du greffage en place, avec l’avantage d’un bon développement en général du porte-greffe, et du risque d’un taux de réussite limité.

La technique du marcottage, beaucoup utilisée il y a quelques années puis délaissée, permet de prolonger la production d’une parcelle. Un sarment bien aoûté du pied mère sain, est enfoui  jusqu’à l’emplacement du cep manquant, un tuteur aidera à son maintien. Le sarment s’enracine l’année qui suit et garde les mêmes caractéristiques que le pied mère. Ne pas, une fois suffisamment installée, sectionner la marcotte à cause du risque de phylloxéra.

Axe 3. Les mesures prophylactiques pour objectif de réduire les contaminations.

Seules les combinaisons de plusieurs mesures peuvent espérer à un résultat probant sur la diminution de l’inoculum.
Eliminer les ceps morts, les bras morts et ne pas abandonner les tas de souches en bordures des parcelles, qui deviennent un réservoir d’inoculum de la zone. Pour un optimum d’efficacité, cette opération doit être réalisée avant la taille, cette action positive, est reconnue sur les spores d’Eutypa lata.

Les opérations de prétaillage, de broyage des sarments ou les sarments laissés au sol, ne sont pas remises en question aujourd’hui, sans connaissance supplémentaire sur l’impact éventuel de ces pratiques.
Dans le cas de renouvellement de vigne, après arrachage de vieille vigne, ne pas laisser de vieux bois dans la parcelle.

Agir au moment de la taille, sur Eutypiose, la taille retardée au moment de la montée en sève a montré une efficacité ainsi que la conduite en taille guyot par rapport au cordon de Royat.
Sur Esca et BDA ce principe n’a pas démontré de résultat. L’opération de taille a pour rôle principal d’éliminer les bois morts, la désinfection des outils de taille n’influence pas la dissémination des spores des champignons sauf concernant la maladie d’Oléron (bactériose).


Maîtriser charge et vigueur, le constat, sur les parcelles déséquilibrées les premières années de production, par des rendements non maîtrisés, une vigueur proéminente de la jeune vigne, vont entamer sa pérennité et favoriser l’apparition très tôt des symptômes. Il faut donc adapter la conduite de celle-ci (choix du porte- greffe, fumure, enherbement choisi…), tout excès favorisera la sensibilité aux maladies du bois. Les déséquilibres inverses, la concurrence des adventices provoquant, stress hydrique, carence, engendrant un déficit de vigueur auront les mêmes effets dans les années qui vont suivre.

Axe 4. Les moyens de lutte chimique et biologique à disposition.

Il existe peu de solutions et aucune comparable à l’ancien arsénite de sodium en pulvérisation retiré et interdit depuis 2001. La mise sur le marché d’une préparation phytopharmaceutique nécessite une AMM pour une cible et un usage précis, suite à des évaluations sur l’efficacité, les risques applicateurs, consommateurs, environnements. Aujourd’hui pour compléter les mesures citées précédemment, il existe des fongicides de biocontrôle homologués à base de Trichoderma atroviride à usage en préventif sur la protection des plaies de taille. Exemples : Esquive WP à 4Kg/Ha ; Vintec à 0,2 Kg/Ha lire l’étiquette des spécialités pour connaitre les conditions d’emploi.

Dans notre vignoble, particulièrement affecté par ces maladies, la mise en place des mesures prophylactiques systématiques et collectives, reste essentielle afin de diminuer l’inoculum.

 

 


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