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Observatoire des installations en Agriculture « L’agro écologie dans les projets d’installation »

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Depuis plus de 10 ans on observe une progression des projets d’installations aidées (DJA) comportant un volet agro écologique dans la conduite de l’exploitation.

Mais que signifie concrètement l’agro écologie sans vouloir être exhaustif. On retrouve ainsi des exploitations engagées dans des pratiques respectueuses de l’environnement telles que l’agriculture biologique, les certifications « Haute Valeur Environnementales », des cahiers des charges comme « Vergers Eco responsables, Terra Vitis… » et aussi des démarches de réduction de l’utilisation des phytosanitaires « écophyto, groupes déphy, 30 000 fermes, GIEE… ».
D’autres exploitations font des efforts particuliers dans le cadre de mesures agro environnementales pour favoriser la biodiversité, des économies d’eau ou d’énergie et la protection de la ressource en eau…

Ainsi sur cette période près de 60 % des projets d’installation s’inscrivent dans cette dynamique avec une accélération ces trois dernières années avec un chiffre qui atteint les  78 %.

Il faut cependant rappeler que 100 % des projets mettent en avant une approche raisonnée de leurs pratiques basées sur l’ observation des cultures ou des animaux, la prise en compte des bulletins d’avertissement et l’analyse des risques.

On observe aussi que la performance économique des exploitations engagées dans ces pratiques est supérieure avec un revenu moyen plus élevé d’environ 20 %.

Enfin on note aussi qu’agro écologie rime plus souvent que pour les autres projets d’installation avec innovation, car ils sont 14 % en effet à innover contre 3 % pour les autres.


 

La parole aux exploitants

L’innovation et l’agro-écologie sont régulièrement mises en avant en agriculture. Votre exploitation allie justement ces 2 dimensions. Pourriez-vous nous rappeler en quelques mots les grandes lignes de votre projet ?
J’étais exploitante en céréales, vergers, plantes aromatiques et médicinales et ail en Charente-Maritime lorsqu’en 2016 j’ai décidé de m’installer avec mon mari et mes enfants dans les Pyrénées-Orientales.
L’exploitation s’articule autour d’un troupeau de 80 brebis Corses, réputées pour leur rusticité et la qualité de leur lait, menées en Bio. Je transforme ensuite le lait en glaces, sans gluten, sans œuf, peu sucrées et contenant seulement 20% d’air quand les glaces industrielles en contiennent 2 ou 3 fois plus. Il s’agit donc de véritables glaces fermières et Bio. Nous assurons également les livraisons et même l’animation.

Vous avez donc quitté une situation stable pour vous lancer dans ce nouveau projet. Les questions d’innovation et d’agro-écologie ont elles été pour vous un moteur ou une contrainte ?
Une contrainte non. J’ai toujours été sensible à l’agro-écologie, donc pour moi la conduite en Bio était une évidence. Ensuite, nous avions le rêve de vivre en montagne. Il nous a donc semblé important d’avoir un projet innovant pour se démarquer de ce qui se faisait déjà et pouvoir vivre de ce projet. Mais il ne faut pas se cacher que c’est un challenge car qui dit innovation dit aussi souvent manque de références.

Avez-vous rencontré du soutien et avez-vous été aidées pour mettre en œuvre ces 2 volets sur votre exploitation ?
Oui, la Chambre d’agriculture, le CivamBio et le GAB17 ont été des partenaires importants. J’ai également rencontré des éleveurs, des vétérinaires du GIE Zone verte, la MSA pour le volet prévention, des organismes de formation, l’Association des Fromagers Fermiers Artisans des Pyrénées, les Biocoop, le CER et le Crédit Agricole notamment. Tous m’ont été utiles à un moment donné ou un autre et il ne faut pas avoir peur de rencontrer un maximum de personnes.
Sur le plan financier, j’ai également été aidée au travers des aides de la PAC (Bio, MAE), les PCAE (aides aux investissements de la Région), et la DJA (Dotation Jeune Agriculteur). Cependant je regrette la «paperasse» qui représente une lourde charge pour une exploitation comme la mienne, environ un mi-temps…

Enfin pour un projet d’installation ou de développement d’une exploitation, pensez-vous qu’il est indispensable aujourd’hui de se pencher sur ces questions ?
Personnellement je pense qu’un porteur de projet doit s’orienter vers le Bio s’il veut réussir à long terme et pour le futur de nos enfants, en étant en connexion avec son terroir. Concernant l’innovation, s’il est bien sûr nécessaire de réunir toutes les conditions (foncier, financement,…) pour réussir, il me semble important d’être audacieux, imaginatif… et courageux !

Interview réalisée le 05/09/2018
par Georges YAU,
conseiller d’entreprise à la Chambre d’agriculture des PO.


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