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Sécheresse, comment gérer la fertilisation de la vigne ?

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La sécheresse intense perdure sur le département et il est difficile, notamment par un manque de recul sur un tel phénomène, de se projeter sur les techniques à adopter pour maintenir le potentiel cultural. Nous proposons dans cet article quelques pratiques de base à mettre en place en fonction des situations, principalement axées sur la fertilisation azotée, dans l’objectif de favoriser la croissance végétative.

La fertilisation azotée au sol

Il est à craindre en début de campagne 2024 un développement végétatif et racinaire ralenti ainsi qu’une disponibilité en azote du sol réduite par manque de minéralisation. Dans ces conditions, un apport d’engrais azoté au sol au plus près des racines peut assurer un relais sur la fourniture azotée à partir de la pré-floraison (avant cette période la fourniture azotée provient essentiellement des réserves de la vigne). 

Il est toujours préférable de réaliser un enfouissement superficiel de l’engrais épandu, quel que soit le type d’apport. Dans le même objectif de favoriser la transformation de l’engrais dans le sol et dans le contexte climatique actuel de sécheresse, un apport avant un épisode pluvieux modéré annoncé est préférable.

Cet apport sera réalisé sous forme d’engrais simples ou composés. On peut baser la quantité à apporter selon le calcul suivant : rendements/ha souhaité * 0,6 unité d’azote/hl, soit 30 unités/ha pour une production de 50 hl/ha. 

Les périodes d’apport varieront selon la forme apportée :

  • Engrais organique (composé) : Apport en mars/avril pour les produits à pourcentage d’azote élevé (supérieur à 7 %) et en hiver pour les autres engrais. Attention, en fertilisation organique, une partie seulement de l’azote apporté sera minéralisé sur l’année en cours. En général, plus le pourcentage d’azote du produit est élevé, plus le taux de minéralisation en année 1 sera important (jusqu’à 80 % en conditions optimales pour du guano de poisson par exemple).
  • Nitrate de chaux (simple) : Apport au début du mois de mai.
  • Ammonitrate (simple) et engrais minéral composé : Apport au mois d’avril.
  • Urée (simple) : Apport en février/mars, avant débourrement.
  • Engrais minéraux composés : l’azote y est associé au phosphore et au potassium dans le cas des engrais ternaires. Ils sont à privilégier quand plusieurs risques de carence sont visés. Dans un objectif unique de correction azotée, le choix d’un engrais composé, plus coûteux, n’est pas forcément judicieux. Souvent composé en partie d’azote ammoniacal, ces engrais sont positionnés au mois d’avril.
     

 Le cas des plantations

Afin de favoriser le développement racinaire et la mise en réserve, il est important sur les plantiers d’obtenir une végétation suffisamment développée et en bon état de fonctionnement.

Des apports azotés au sol peuvent également y être effectués. Sans objectif de production les doses à apporter pourront être réduites, de 10 à 15 unités d’azote/ha par exemple.

Quelles situations ne justifient pas la fertilisation azotée au sol ?

  • La vigne soufre de la sécheresse et tarde à débourrer. L’apport au sol n’aidera pas la vigne à débourrer. Il est donc inutile de fertiliser au sol et préférer un accompagnement foliaire durant la saison.
  • La vigne n’a pas marqué de signes de carence azotée (pas de baisse de vigueur, pas de jaunissement de défoliation précoce à l’automne, pas de problème d’aoutement…) la saison passée. Dans la mesure où les pratiques en place maintiennent le sol et la vigne en bon état de fonctionnement, l’apport d’un engrais azoté, dont l’objectif est de compenser ponctuellement un risque de carence, n’est pas systématique.
  • Aucune pluie significative n’est annoncée. Il est préférable de renoncer à l’apport au sol et préférer l’accompagnement foliaire.
  • La vigne est équipée en fertirrigation. Un apport, éventuellement fractionné, aux bonnes doses et aux bons moments présenteront de nombreux avantages (économies d’intrants, efficience, main-d’œuvre) par rapport à une fertilisation au sol classique. Des produits spécifiques sont commercialisés.
     

 La fertilisation foliaire

Les fertilisants foliaires sont des correcteurs de carence ponctuels. Si des carences en éléments minéraux ont été identifiées sur une parcelle, on cherchera d’abord à gérer le dysfonctionnement par des moyens correctifs au sol. Toutefois certains déséquilibres au sol sont parfois difficiles à solutionner rapidement (cas d’une mauvaise assimilation de la potasse par exemple). Dans ces situations les apports en foliaire sont adaptés.

L’apport d’azote en pulvérisation foliaire se justifie si aucun apport au sol n’a pu être effectué ou en complément d’un apport au sol si la vigne marque des signes de carence durant la campagne végétative.

Sur la base des produits commerciaux disponibles, les apports préconisés sont en général inférieurs à 1 unité d’azote à chaque application. Les interventions se justifient d’autant plus aux périodes de forts besoins de la plante (stades nouaison à véraison).

Cas des produits biostimulants

Ce sont des fertilisants qui stimulent le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’ils contiennent, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques suivantes des végétaux et de leur rhizosphère : l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs, la tolérance au stress abiotique (stress hydrique notamment), les caractéristiques qualitatives, la disponibilité des éléments nutritifs confinés dans le sol ou la rhizosphère.

Une gamme très large de produits respectant la norme NFU 44204 (mélange de biostimulants avec d’autres matières fertilisantes) est disponible sur le marché. Les retours d’efficacité de la part des agriculteurs en fonction des situations et des produits sont variables.

Il est naturellement tentant d’utiliser ce genre de produit, en particulier dans le contexte actuel où certaines réactions permettant la croissance des organes peuvent être inhibées par le manque d’eau. Cependant, par manque de recul et en attendant l’acquisition de références concrètes et locales sur l’utilisation de ces produits, nous ne pouvons ni conseiller ni déconseiller leur utilisation pour le moment. 

Là encore on cherchera en premier lieu à résoudre les problèmes par le sol, si problèmes il y a, en améliorant par exemple ses propriétés de rétention et restitution de l’eau. Ces produits arrivent en complément. En outre, il n’y a aucune raison de vouloir modifier les processus internes des végétaux en l’absence de problèmes, au risque même de provoquer des dysfonctionnements qui n’existaient pas. Là encore aucune utilisation ne doit être systématisée.

 

 

 

 


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