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Vignoble et stress hydrique : comment préparer la campagne à venir ?

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Le déficit pluviométrique subi depuis maintenant 2 ans sur les Pyrénées-Orientales impacte fortement le vignoble. Des baisses de vigueur et dessèchement des ceps sont constatées sur tout le département. Alors que faire dans ces conditions alors qu’il ne pleut toujours pas ?

 

Il n’y a bien sûr aucune recette miracle. En comptant sur des jours meilleurs, et tout d’abord sur des pluies hivernales et printanières, quelques mesures destinées dans un premier temps à préserver le potentiel cultural peuvent être conseillées.

Adapter son système de taille

Sur plantiers et jeunes vignes, adapter la taille au système racinaire

Sur les premières années suivant la plantation (phase juvénile de 7 à 8 ans), la colonisation du sol par les racines est progressive et importante. La taille de formation est à adapter en conséquence.

En 2023, la sécheresse forte sur toute la campagne a certainement limité le développement des racines, voire dans certains cas provoqué le dessèchement d’une partie du système racinaire. En outre, la faible mise en réserve à l’automne risque de limiter le départ de nouvelles radicelles au printemps 2024, donc de restreindre les possibilités d’approvisionnement des souches, dans la mesure où ce sont ces radicelles nouvelles qui ont la capacité de puiser l’eau et les matières nutritives du sol.

Il est donc conseillé de tailler court durant l’hiver prochain 2023/2024 sur les parcelles ayant marqué la sécheresse afin de préserver un rapport adapté entre les parties souterraines et aériennes des ceps : ne pas monter de nouveaux bras sur les cordons en formation, ne pas tirer de baguettes minces sur les guyots, dans les cas extrêmes supprimer les cordons déjà montés et en partie desséchés…

Il vaut mieux décaler la formation des ceps dans le temps plutôt que de provoquer leur dessèchement.

 

Que faire sur les problèmes d’aoûtement ?

Il est fréquent de constater au cours de cet automne des parcelles avec des rameaux qui n’ont pas aoûté depuis leur base.

Il faut tailler sur un sarment aoûté lorsqu’on a le choix sur un même courson. Lorsque aucun sarment n’a aoûté, il est possible qu’en taillant à quelques mm de la base de certains sarments, un œil basilaire, ou bourgeon de la couronne, débourre. Le bourillon, le plus gros d’entre eux, peut dans certaines situations être fertile.

Dans tous les cas sur les parcelles ayant le plus souffert du stress hydrique (problèmes d’aoûtement ou de dessèchement partiel), la taille sévère est plus que recommandée. On favorisera ainsi le développement de rameaux issus de bourgeons situés sous le fil porteur, voire dans certains cas le débourrement de bourgeons latents du vieux bois, pour une bonne reformation à venir des souches.

 

L’entretien mécanique du sol

Dans ces conditions de sécheresse importante, le principal enjeu pour le viticulteur sera d’optimiser la rétention et l’utilisation de l’eau des précipitations hivernales et printanières, notamment par un mode d’entretien des sols adapté.

Conservation de l’enherbement hivernal naturel sur l’inter-rang

Il est conseillé de ne pas détruire avant le mois de mars l’enherbement de l’inter-rang qui pourrait lever naturellement sur les parcelles. Le principal avantage de cet enherbement peu concurrentiel en profondeur sera de favoriser la pénétration des eaux de pluies et de limiter le ruissellement. La destruction sera réalisée avant débourrement, de manière à limiter la concurrence avec la vigne en début de période végétative.

Destruction de l’enherbement sous le rang

Le travail mécanique sous le rang est toujours plus compliqué à réaliser. Il faut anticiper. Aussi, il est conseillé de profiter de la période hivernale pour « nettoyer » l’enherbement bien implanté sous le rang, comme les adventices vivaces, qui pourraient s’avérer très concurrentiels dès le départ en végétation de la vigne.

Décompactage les sols

Il s’agit, quand les conditions le permettent (sol pas trop sec mais suffisamment ressuyé pour éviter le lissage), de décompacter un inter-rang sur deux sur une profondeur de 50 cm au moins. On utilise généralement un décompacteur à une dent (ou à 3 dents à condition de ne pas enfoncer les dents latérales à plus de 25 cm de profondeur). Il est préférable que le système racinaire de la vigne soit en plein repos végétatif, soit une réalisation en décembre ou janvier. L’objectif est de favoriser le stockage de l’eau en profondeur.

La fertilisation azotée au sol

En 2023, la vigne s’est très peu développée (sécheresse, baisse de la minéralisation dans les sols, faible assimilation des engrais azotés). Ajouté à cela un manque de pluies automnales, il est à craindre pour 2024 un départ en végétation difficile de part une mise en réserve globalement faible sur le vignoble départemental (au mois d’avril, la fourniture azotée provient essentiellement des réserves de la vigne).

En espérant des pluies printanières suffisantes en 2024 pour une bonne assimilation des fertilisants, il est conseillé en 2024 d’assurer un relais sur la fourniture azotée à partir de la pré-floraison par l’apport d’engrais au sol.

Cet apport sera réalisé sous forme d’engrais simples ou composés. On peut baser la quantité à apporter selon le calcul suivant : rendements/ha souhaité * 0,6 unité d’azote/hl, soit 30 unités/ha pour une production de 50 hl/ha. Ce ratio pourra être légèrement augmenté sur les vignes ayant subi une baisse importante de vigueur.

Les périodes d’apport varieront selon la forme apportée :

  • Engrais organique (composé) : Apport en mars/avril pour les produits à pourcentage d’azote élevé (supérieur à 7 %) et en hiver pour les autres engrais. Attention, en fertilisation organique, une partie seulement de l’azote apporté sera minéralisé sur l’année en cours. En général, plus le pourcentage d’azote du produit est élevé, plus le taux de minéralisation en année 1 sera important (jusqu’à 80 % en conditions optimales pour du guano de poisson par exemple).
  • Nitrate de chaux (simple) : Apport au début du mois de mai.
  • Ammonitrate (simple) et engrais minéral composé : Apport au mois d’avril.
  • Urée (simple) : Apport en février/mars, avant débourrement.

Il est toujours préférable de réaliser un enfouissement superficiel de l’engrais épandu, quel que soit le type d’apport.

L’apport de matière organique

On rappelle que dans un contexte climatique difficile et un appauvrissement des sols progressif, l’apport de matière organique sera toujours valorisé par ses propriétés physiques, chimiques, et biologiques améliorant les capacités du sol à retenir et fournir l’eau à la plante.
Les quantités à apporter varieront selon les types et les compositions des produits. A titre indicatif, sur la base d’un entretien régulier des parcelles tous les 3 ans, nous pouvons conseiller les quantités suivantes :

  • Composts de déchets verts : 20 à 30 T/ha.
  • Compost de boues/déchets verts : 5 à 10 T/ha.
  • Fumier ou fumier composté jeune : 10 à 15 T/ha (prendre en compte la valeur fertilisante sur l’année d’épandage).
  • Produit du commerce à haut potentiel d’humus (MO supérieur à 60 % et ISMO supérieur à 80 %) : 2 à 3 T/ha (à minima, dans le but de compenser les pertes annuelles en humus).

Là encore l’enfouissement superficiel est nécessaire.

La fertilisation foliaire

Etant donné le faible niveau de vigueur de nombreuses parcelles, il parait judicieux de prévoir en 2024 de compléter la fertilisation azotée au sol par une fertilisation foliaire. Il faut bien considérer que ce type de fertilisation n’arrive qu’en complément d’une fertilisation au sol, en aucun cas elle peut se substituer à celle-ci. Sur la base des produits commerciaux disponibles, les apports préconisés sont en général inférieurs à 1 unité d’azote à chaque application. Les interventions se justifient d’autant plus aux périodes de forts besoins de la plante (stade petit pois et véraison).


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