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Conjoncture octobre 2023 : Arboriculture et Maraichage

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Campagne fruits 2023 : Chronique d’une catastrophe évitée

Sur les 24 derniers mois, le déficit de pluviométrie sur la plaine du Roussillon atteint + de 50 % avec une sècheresse des sols qui devient quasi structurelle et qui atteint des niveaux record.

Pour la filière fruits et légumes, dans le département, 95 % des surfaces sont irriguées et seules quelques espèces méditerranéennes comme l’olivier ou l’amandier ont des surfaces non irriguées qui ont d’ailleurs très fortement souffert cette année.

Du fait de l’irrigation, la problématique n’est donc pas tant la pluviométrie sur la parcelle mais la disponibilité de la ressource en eau qu’il s’agisse d’une ressource en eau superficielle, souterraine, collective ou individuelle.

Et c’est ce qui a fait la différence cette année entre la filière viticole très majoritairement non irriguée et la filière fruits et légumes très largement irriguée.

A fin avril, la situation était critique compte tenu du faible débit des cours d’eau et de la situation des barrages du département. Dans les discussions quasi quotidiennes entre la profession et les services de l’état, le Préfet évoquait la possibilité de durcir les restrictions d’irrigation jusqu’à interdire purement et simplement l’irrigation.

Les échanges avec la préfecture ont permis de ne pas arriver à cette extrémité avec le classement en crise d’une grande partie de la plaine mais avec des dérogations permettant de « gérer au mieux » la maigre ressource.

De fait, dans de nombreux secteurs, le niveau de la ressource ne permettait que d’arroser 1 fois tous les 15 jours comme dans la vallée de la Têt voir pas du tout comme dans le secteur d’Espira de l’Agly.

Par chance, en mai et juin, des précipitations significatives ont eu lieu sur le haut des bassins versants du Tech et de la Têt. Les barrages des Bouillouses et de Vinça ont pu se remplir et le Tech retrouver un débit suffisant.

Seul le secteur de l’Agly n’a pas bénéficié de ces précipitations et la situation n’a fait qu’empirer jusqu’à Rivesaltes et certains secteurs de Pia, Claira ou Saint Hyppolite.

Pour les autres secteurs, malgré les restrictions liées à l’arrêté préfectoral, l’essentiel a pu être sauvé même si certaines parcelles en bout de canal ou sur des forages peu profonds n’ont pu être sauvées.

Plusieurs vergers sur l’agly sont morts, quelques parcelles maraichères ont séché sur pied mais la majorité des vergers du département ont pu arriver à la récolte avec certes des calibres inférieurs à la normale mais des rendements satisfaisants compte tenu de la situation au printemps.

A fin avril, dans les pires scénarios, la filière fruits et légumes était condamnée. A fin septembre, on peut considérer que pour la majorité des arboriculteurs et des maraichers l’essentiel a été sauvé.

Le travail de la profession que ce soit la chambre d’agriculture, le syndicalisme, les ASA d’irrigation a porté ses fruits. La venue du ministre de l’agriculture a donné un cap et une méthode mise en œuvre par le préfet qui a donné le ton à ses services.

On peut donc se féliciter de la gestion de cette crise mais d’un autre côté, on n’a fait que gérer la crise, gérer le court terme et reconnaitre que la météo nous a très largement aidé pour passer cette période plus que difficile.

La profession avec l’appui de l’administration a su gérer cette crise mais maintenant, dans ce contexte de changement climatique, il faut voir plus loin, voir comment on peut éviter de se trouver dans cette situation de crise qui se reproduira si on ne fait rien.

Des pistes sont déjà mises en avant par la profession : gestion « moderne » des barrages, gestion des canaux, réalimentation des nappes, création de stockages, réutilisation des eaux usées etc….

Il faut maintenant concrétiser ces projets, vite, très vite et pour cela trouver l’appui des collectivités qui doivent soutenir l’agriculture et de l’état pour que chacun prenne sa part dans la construction de solutions ou la prochaine fois nous n’éviterons pas la catastrophe.


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